dimanche 8 décembre 2013

NAO 2014 - Les informations tronquées


La première réunion de la négociation annuelle obligatoire s’est tenue vendredi 6 décembre matin.
L’objectif de cette première réunion est traditionnellement de fixer le calendrier des négociations, d’examiner les informations fournies par la direction et de demander les informations complémentaires nécessaires aux organisations syndicales représentatives pour leur permettre de négocier en toute connaissance de cause (article L. 2241-10 du code du travail).
Depuis plusieurs années, les délégués syndicaux prient la direction de ne pas dissimuler certaines informations salariales et lui demandent de fournir les mêmes éléments dès lors qu’une catégorie de salariés (coefficient/genre) compte au moins 2 personnes.
La direction refuse, prétextant qu’elle ne veut pas que des situations individuelles puissent être identifiées.
Nous indiquons que notre demande n’expose personne à ce risque, et nous faisons valoir la jurisprudence créée selon nous par une décision du TGI de Paris (29 mai 2012) dans laquelle le juge affirme qu’il est possible de fournir ces documents, « puisqu’il y a plus d’un salarié dans chaque catégorie, et les deux salariés d’une des catégories demandée ne sont pas de sexes différents ». Les informations demandées ne sont donc pas individualisées.
Mais la direction s’est montrée insensible à nos arguments, confirmant qu’elle ne nous fournirait pas ces informations. Peu lui chaut que nous saisissions le Président du TGI de Chartres…
De la même façon, si la direction nous fournit une liste partielle des primes et gratifications, elle entend rester discrète sur certaines gratifications telles que les plans d’actionnariat. Or nous réclamons ces informations dès lors qu’elles impactent la masse salariale. En 2011, la direction n’avait pas signalé un tel plan représentant un montant de 1,35 million d’euros… or chacun comprendra l’importance de cette information quand on sait que cette somme représentait près du double de celle qui avait alors été allouée aux augmentations de l’ensemble des salariés de Sealed Air France, y compris d’ailleurs celle du bénéficiaire de ce plan.
Nous pensons que les négociations entre la direction et les représentants des salariés ne peuvent être sincères et sérieuses que si elles reposent sur des sources fiables et non tronquées, et nous restons convaincus que la santé de l’entreprise dépend aussi de la qualité de son dialogue social, et ce dialogue ne peut évidemment pas se borner à la seule volonté de la direction.

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