jeudi 19 décembre 2013

Après le « Forced ranking », voici le « Relative rating » ou « Relative ranking » !


Rebaptiser un procédé illicite ne le rend pas plus acceptable, ni moins nocif.

Mais pourquoi donc nos dirigeants en mal d’idées s’obstinent-ils à vouloir recycler de vieilles lunes qui ont fait depuis longtemps la preuve de leur inefficacité, et auxquels de plus en plus d'entreprises renoncent après les avoir mises en place (1) ?
S'agit-il d’un leurre destiné à camoufler le fait que les salariés ne bénéficient plus des gains de productivité (2) qui profitent désormais exclusivement aux actionnaires et à une poignée de dirigeants complices ?

Ces méthodes sont illégales en France, ce que vient de rappeler heureusement notre DRH qui précise dans son communiqué du 28 novembre qu’elles ne sont pas applicables.

De plus, la dérive des systèmes d’évaluation vers des critères personnels et comportementaux crée une pression psychologique sur les salariés en se basant sur des éléments subjectifs et flous reposant sur leur comportement et non sur leur travail et leurs compétences.

L’évaluation comportementale devrait se limiter à justifier en quoi, explicitement et rationnellement, tel comportement nuit ou favorise la performance d’un collectif de travail ou la valeur ajoutée produite. Nous en sommes bien loin.

Les plus crédules (ou inféodés ?) ne tromperont qu’eux-mêmes en saluant la prétendue transparence qui dévoilerait une pratique ancienne mais autrefois cachée. Ne voient-ils pas que le camouflage de ces notations occultes révélait en fait la conscience de son caractère condamnable ?     

1.  "Un peu plus de 5% des sociétés ayant des résultats élevés (high-performing companies) utilisaient un système de forced ranking en 2011, contre près de 20 % deux ans plus tôt."  Joshua Brustein, Bloomberg Businessweek du 12 novembre 2013.
2.    « La moitié des Américains gagnent moins de 26 000 dollars (18 870 euros) par an. Si les salaires avaient suivi les gains de productivité depuis trente ans, ce plafond s'élèverait à 40 000 dollars. Selon le bureau du recensement, les revenus réels sont en baisse, au point qu'une famille moyenne gagne aujourd'hui moins en termes réels qu'en 1989. » Philippe Bernard, Le Monde du 10 décembre 2013.

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