dimanche 31 août 2014

Elections professionnelles – Le protocole préélectoral ?



Les élections prud’homales ayant été supprimées par le législateur, il ne reste plus qu’une occasion pour les salariés de voter : celle des élections professionnelles pour élire leurs représentants au Comité d’Entreprise ainsi que les Délégués du Personnel.

Chez Sealed Air, c’est tous les 4 ans, et voici l’échéance arrivée puisque le premier tour pourrait avoir lieu le 2 octobre.

Pourrait, parce que les dates de vote sont fixées par le protocole préélectoral que les délégués syndicaux représentatifs négocient en ce moment avec la direction.

Mais que négocie-t-on à part les dates ?

En premier lieu, il s’agit d'identifier les salariés en droit de voter, et de les répartir dans quel collège électoral (Ouvriers/employés ; Techniciens et Agents de Maîtrise ; Cadres).

Cela paraît simple, non ? D’autant plus que nous sommes de moins en moins nombreux…

Notre direction peine néanmoins à nous procurer les bons chiffres. Pour le moment, le DRH ne semble considérer que les salariés de Sealed Air SAS, bien que la loi lui commande de tenir compte également des salariés « mis à disposition » dont il fait mine d’ignorer jusqu'alors qui ils sont précisément. C’est en tout cas ce que nous avons constaté lors de la première réunion de négociation mercredi dernier.

Le gouvernement précise pourtant dans une circulaire que les salariés des sous-traitants qui travaillent à longueur d’année dans l’entreprise font partie de cette liste. Il s’agit pourtant du personnel qui assure l’accueil, la sécurité, le ménage, la restauration, le traitement des déchets, le jardinage, etc… mais nous pensons aussi aux collègues que vous côtoyez tous les jours en ignorant parfois que leur contrat relève d’une autre société ou d’un autre site que les nôtres (la holding, Joigny…). 

Tous bénéficient du droit d’option qui leur permet de décider d’élire leurs représentants sur le site où ils travaillent plutôt que sur celui où ils sont administrativement rattachés sans jamais ou presque y mettre les pieds.

Alors nous rappelons la loi et la jurisprudence à notre DRH que nous prions de prendre en compte ces dizaines de salariés qu’il a jusque-là ignorés. Nous exigeons en effet que tous ceux qui ont (encore) le droit de voter, puissent le faire.

La direction doit donc fournir aux délégués syndicaux, la liste électorale (les salariés en droit de voter) qui est également consultable par tous les salariés de l’entreprise. Son contenu fait également l’objet d’une négociation : La mention du nom, prénom, dates de naissance et d’embauche, ainsi que la catégorie professionnelle est obligatoire, mais notre DRH refuse encore d’indiquer l’emploi des salariés, bien que le législateur considère que cette information qui n’a rien de confidentielle soit utile pour vérifier le classement par collèges.

L’employeur est également tenu d’informer les salariés de l’organisation des élections, obligation que notre employeur satisfait aussi discrètement que possible : qui a remarqué le demi-format A4 qui annonce l’organisation des élections ? 

N’attendez pas de recevoir un message électronique ou de voir briller l’information sur les écrans des cafétérias… cette proposition de notre part a été rejetée avec un sourire satisfait.

vendredi 23 mai 2014

A better way for [my] life.

Il est sans doute inutile de commenter les chiffres qui suivent... (source salary.com)
Ceux qui voudront se faire mal pourront les comparer avec les chiffres de 2012 publiés ici-même en février.
Ceux qui se sont vu confisquer leur bonus pour cause de "relative ranking" sous de mauvais prétextes, ou/et ceux dont le salaire a été gelé, se doutaient que leur sacrifice pourrait profiter à d'autres...


Nous continuons de réclamer la fin des traitements injustes...

dimanche 30 mars 2014

World's best CEO

Il s'agit sans doute d'une erreur, ou d'une terrible injustice, mais il manque visiblement un nom dans ce palmarès et une entreprise dans celui-ci !

Ce n'est pourtant pas faute de dispenser moult preuves d'attention et de soin : diffusion d'informations inutiles à gogo, distribution hebdomadaire de vidéos auto-satisfaites en couleur, organisation d’éventements "fun&cool" simulant la joie de travailler en équipe...
     
Mais est-il bien raisonnable de demander aux salariés d'évaluer leur employeur ?

Le procédé subversif veut-il laisser croire que la Déclaration de Philadelphie n'est pas tout à fait oubliée depuis que "les quatre libertés proclamées par Roosevelt ont cédé la place à la libre circulation des capitaux et des marchandises et à la concurrence sans entrave1" ?
 
Au moins l'Internet permet-il de partager autre chose que la propagande officielle et de rappeler à ceux qui tentent de le faire oublier que les salariés ne sont pas dupes.

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1 L'esprit de Philadelphie la justice sociale face au marché total (Alain Supiot, éditions du Seuil)
 

vendredi 28 mars 2014

Augmentations de salaires




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L’accord du 5 décembre 2013 relatif aux salaires minima, conclu dans le cadre de la Convention Collective Nationale de la PLASTURGIE, a été étendu par arrêté ministériel du 21 février 2014 (publié au JO du 11 mars 2014).

Aucune réserve ou exclusion à signaler.

L’arrêté d’extension rend obligatoire l’accord dans toutes les entreprises de la branche de la Plasturgie, même si l’employeur n’est pas adhérent du syndicat patronal signataire.

Il est assez déconcertant de constater que l'accord que nous avons négocié et signé pour la branche revalorise mieux en moyenne les minima (1,1% pour tous les coefficients en janvier 2014 et 1,4% pour le coefficient 830, assimilé cadre.) que Sealed Air n'augmente les salaires en France...
Et pourtant, rares sont les entreprises de la plasturgie qui affichent un EBITDA égal à 13% de leur CA.



mardi 18 février 2014

Inégalité ?



Alors qu’Eloi Laurent (Economiste sénior et conseiller scientifique à l’OFCE, Maître de conférences à Sciences-Po et à Standford (Etats-Unis)) et Waddick Doyle (Professeur à l’Université Américaine de Paris, Directeur du département  "communication") nous expliquaient le11 février dernier sur France Culture  que le revenu des ménages américains ne cessent de baisser depuis 10 ans parce que 95% de la progression des revenus est accaparée par le top 1% de la distribution des revenus, les dirigeants de Sealed Air illustrent en « live » le propos : 

(source : salary.com)

Nul doute que ces chiffres 2012 gonfleront encore en 2013 de la belle manière pendant que l’on demandera au plus grand nombre des salariés de l’entreprise de se contenter  de 0,7% en 2013, quand on ne leur aura pas expliqué que leur salaire a attend le plafond de leur catégorie…

Et toi, t'es sur quelle case de la girafe ?

jeudi 6 février 2014

GRF : un système de classement opaque ?




Voici venu le temps de la « year end review »


Cette année, la nouveauté, c’est GRF pour « Global Reward Framework » qui nous est imposé comme un remède à l’insatisfaction largement exprimée par les salariés à l’occasion du questionnaire de satisfaction de 2013 (« engagement survey » selon l’appellation américaine)  observé par nos dirigeants comme un baromètre de l’engagement des troupes.


GRF, pour les francophones qui ne seraient pas trop familiers de l’idiome de l’oncle Sam, se prononce à peu près « GIRAFE ». 

Rien à voir avec l’adorable objet de caoutchouc qui participa à l’éveil de plusieurs générations en leur faisant les dents, objet nommé Sophie, étranger aux concepts de classification, ignorant tout de la gestion de carrière, n’est-ce pas ? 


Non, GRF s’applique à créer des cases dans lesquelles il s’agit de ranger les salariés.


Selon quels critères ?


C’est ce que tout le monde semble ignorer jusqu’alors : notre DRH n’a pas su l’expliquer aux élus du Comité Central d’Entreprise (cf. le PV du CCE), pas plus que les managers qui se sont déjà acquittés de leur corvée n’ont su dire à leurs subordonnés pourquoi ces derniers tombaient dans la case P2 ou S1 pendant que leur collègue était rangé dans la case P3 ou S2 bien que la classification de la plasturgie (la seule officielle pour Sealed Air France) attribuait à leurs postes respectifs le même coefficient, voire le même nombre de points.


Là sera l’objet de notre vigilance, car ce système prétend justifier des planchers et surtout des plafonds des rémunérations qui pourraient bien mal s’accommoder des normes légales, lesquelles visent également à interdire les classements arbitraires.


Mais GRF peut aussi être employé à détourner l’attention de ceux pour qui il est conçu…

Tiens bébé, ne pleure pas, voilà ta girafe !

Pouette pouette…

samedi 21 décembre 2013

NAO 2014 - Toujours moins !

C'est triste à dire, mais de "Négociation Annuelle Obligatoire", notre direction ne retient que les deux derniers mots.
Notre unique satisfaction est d'avoir obtenu la remise d'informations salariales qui nous étaient systématiquement refusées par le passé, la direction ayant bien intégré le fait que nous étions déterminés à recourir si besoin au TGI en cas de nouveau refus.
Pour le reste, l'intégralité des revendications des organisations syndicales représentatives a essuyé un refus sans appel.
La direction avait arrêté d'avance sa décision :
AG = 0,7% avec talon de 12 € ; les cadres étant exclus de ce dispositif.
Les primes de poste, de panier, de transports, etc... augmentent aussi de 0,7%
Total de l'enveloppe d'augmentation = 1,5%, entièrement distribuée en augmentations individuelles pour les cadres.

0,7%, c'est l'inflation pour un an que retient la direction.

Elle reste sourde au fait que les augmentations n'intervenant qu'en avril, elle pourrait attendre de connaitre l'inflation de janvier dont on sait par avance qu'elle sera impactée de 0,4 à 0,5% par la hausse des taux de TVA en France, l'inflation anticipée par le budget de l’État étant quant à elle de 1,3% pour 2014.

Elle ne veut pas considérer les gains de productivité : le chiffre d'affaire se maintient malgré la fonte constante des effectifs depuis 2006 du fait des suppressions de postes programmées.

Bien sûr, l'entreprise est terriblement endettée par l'emprunt fait aux banques pour financer  l'achat de Diversey au prix largement surévalué de 4,3 milliards de dollars à en croire la dépréciation de 1,9 milliards de dollars à laquelle il a été procédé dans les comptes 2012.

Ce n'est hélas pas la première fois que les salariés ont à payer l'impéritie patente de dirigeants qui restent néanmoins imperturbablement fiers d'eux-mêmes.

Les salaires servent de variable d'ajustement pour compenser les erreurs (?) de gestion en dépit desquelles les revenus des actionnaires et des dirigeants complices ne cessent de gonfler.

Est-ce vraiment une fatalité ?