La justification du changement de logo annonçait la
couleur: l’augmentation du cours de l’action Sealed Air tenait, non pas à la
plate évolution des ventes mais à la foi que plaçaient les actionnaires dans
l’histoire qu’on leur racontait.
La clé serait donc la communication !
Pas la communication destinée à informer le citoyen ou le
salarié, mais celle de la poudre aux yeux.
D’abord, l’employeur questionne chaque salarié
individuellement, - flatteur, mon patron me demande mon avis… - il traite l’information collectée
sans que nul salarié ne soit autorisé à contrôler ses résultats, il retient
ce qui l’intéresse, puis il assène son diagnostic : ce que veut le salarié,
c’est plus de communication !
Peu importe que le salarié ait réclamé de l’information
sur le fonctionnement de l’entreprise, de la visibilité sur la stratégie, qu’il
n’est évidemment pas question de lui fournir.
Fort de cette conclusion et sur un jeu de mots, on va
l’abreuver de communiqués chantant les louanges du gourou en occultant la réalité.
La contradiction n’existe pas. Tout le monde est isolé,
qui oserait ?
Les représentants des salariés ?
L’intranet, la messagerie électronique, le réseau
d’écrans plasma déroulent en boucle la propagande patronale. Ces canaux sont
strictement interdits d’accès aux représentants des salariés ainsi privés
d’exposer une autre version de l’histoire.
Mais qui est dupe ?
L’interrogation est pourtant évidente : Quel besoin
de diffuser, en interne exclusivement, une vidéo martelant que les
salariés sont heureux chez Sealed Air comme Casimir sur l’ile aux enfants ?
Tourné vers l’extérieur, ce message sirupeux pourrait se
justifier par la nécessité de séduire des talents que l’on voudrait attirer,
mais vers les salariés eux-mêmes ?
Pourquoi leur répéter qu’ils sont comme au paradis ?
Si c’était vrai, n’en auraient-ils pas déjà pleinement conscience ?
Aux États-Unis aussi, une vidéo guimauve a mis en scène 2
familles de salariés qui racontent combien leur migration vers Charlotte (le
futur siège mondial) les a épanouis.
Cela doit-il suffire à faire oublier que des centaines d’autres familles verront leur équilibre bouleversé par la perte d’un emploi, car bien sûr, il n’y a pas de place pour tout le monde, et que la délocalisation n’est pas envisageable pour de nombreuses familles, ce que ne dit évidemment pas la vidéo.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire