Pour
la seconde fois, lors de la réunion du Comité d'Etablissement d'Epernon de janvier,
la Direction a annoncé aux élus sa décision de transférer des productions vers
la Hongrie "pour des raisons de coût".
Il
s'agit ici de la conversion de plusieurs types de sacs, faisant tomber les
prévisions de volume pour 2013 de l'atelier de conversion à 15 millions de
sacs. Il y a quelques années, en pleine occupation de la capacité, ce volume
atteignait les 300 millions, de l'ordre de ce que sont désormais les volumes
des usines de l'Est de l'Europe.
La
première fois, en juillet 2012, il s'agissait des sacs cuisson.
Cette
première fois coïncidait avec la présentation au Comité Central d'Entreprise du
rapport d'expertise comptable du Cabinet Diaseo.
Le
Cabinet Diaseo y analysait alors la baisse des volumes du Converting sacs comme
résultant d'une stratégie de délocalisation.
Il
s'appuyait pour parvenir à cette conclusion sur 2 faits :
1)
Les
ventes aux clients français n'ont pas diminué dans des proportions
corrélatives.
2)
L'augmentation
de l'activité du site d'Ujhartyan qu'il lui a été donné d'observer n'est pas
non plus corrélée à une augmentation du chiffre d'affaires sur les clients
hongrois.
Son chiffre d'affaires croît en presque totalité grâce aux exportations aux compagnies sœurs.
Son chiffre d'affaires croît en presque totalité grâce aux exportations aux compagnies sœurs.
Il
faut se souvenir que la construction d'usines à l'Est de l'Europe fut en son
temps présentée comme destinée à servir les marchés locaux émergents.
Jusqu'à
ces changements récents de communication, la Direction avait toujours présenté les
diminutions de volumes de production comme des "adaptations" aux
évolutions du marché et à l'érosion des chiffres d'affaires.
Au
long de ces dernières années de mutation, la direction a mis en place une
polyvalence des ouvriers, qu'elle a baptisée agilité. Elle a licencié plus de
200 salariés, départs qu'elle qualifie de naturel mais qu'elle ne juge pas
utile de remplacer, privant ainsi le bassin d'emploi d'autant.
Si
nous saluons l'intelligence avec laquelle la direction a géré les effectifs, lui
permettant en premier lieu de transformer une compression d'effectifs en somme
de départs individuels, nous aurions préféré qu'elle joue mieux le jeu du
dialogue social et ait débattu clairement de ces projets à leurs débuts afin de
mettre en place conjointement une véritable gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences (GPEC).
Nous
aurions pu ensemble définir des critères objectifs, voire des appels au
volontariat, négocier des compensations dignes du préjudice et ainsi épargner à
nos collègues le traumatisme d'un licenciement transactionnel au motif fantaisiste qui pour nombre
d'entre eux entrait en réalité dans la stratégie de réduction d'effectif du
site.
Bien
sûr, il eut alors fallu démontrer le caractère économique de cette compression
d'effectifs, ce à quoi la Direction semble avoir choisi de ne pas se
confronter.

Bonjour,
RépondreSupprimerJe ne dirais pas que la direction a géré les effectifs avec intelligence, mais plutôt avec lâcheté.
Au lieu d'annoncer les choses avec franchise et d'engager un dialogue constructif, elle n'a jamais été franche sur ses objectifs réels. Nous ne les connaissons pas encore aujourd'hui.
Elle multiplie les licenciements sans cause réelle et sérieuse et dévaste la vie des salariés concernés.
Comme disait Yves Barrault : notre société n'est pas là pour avoir une morale, mais pour faire du profit. Il est en ligne avec ça.
Bon courage à tous.